PLONGEE SPELEO DOYE GABET (Trou bleu) :

Club Subaquatique du Haut Jura

La plongée spéléo ne s'envisage pas à la légère. Tout comme la plongée sous glace, cette discipline fait appel à des techniques particulières necessitant une solide formation. Ces formations sont dispensées dans tous les clubs de plongée Français.

Dans ce reportage, je vais essayer de répondre à certaines de vos questions sur la plongée souterraine, tout en vous faisant découvrir une curiosité de notre région : le siphon de la Doye Gabet à Morez dans le Jura.

GEO-LOCALISATION

 

 

La Doye Gabet, que tout le monde connait mieux sous le nom de "Trou bleu".

Les études géologiques et la coloration de l'eau ont démontré l'existence d'une circulation souterraine entre la perte du lac des Mortes et la Doye Gabet.

Les expéditions spéléologiques réalisées à ce jour ont exploré le siphon du trou bleu jusqu'à -77mètres de profondeur, à 320 mètres de l'entrée.

Il semblerait qu'un amas de blocs ait stoppé la progression de la précédente expédition. (cf. la topo du siphon ci-dessous)

Le site est très beau maintenant qu'il a été réhabilité. Pour nous plongeurs, le dénivelé à réaliser du parking à l'entrée du siphon nécessite un gros effort de portage pour tout notre matériel.

Pour l'aller, tout va bien on descend ! Mais au retour l'effort à fournir pour remonter pose problème aux plongeurs. En effet durant une plongée l'organisme se charge en azote, on dit que l'on se sature en azote. Cet azote doit s'éliminer dans l'organisme d'une manière douce et régulière. Le fait de fournir un effort violent après une plongée peut provoquer un accident de décompression. Dans ce cas extrême, l'azote est restitué sous forme gazeux dans l'organisme et peut provoquer des paralysies, embolies...

Heureusement des sherpas (Jurassiens) viennent souvent nous aider pour cette difficile remontée difficile et dangereuse.

La mise à l'eau se fait dans la petite vasque, un peu en retrait du lit de la Bienne. Là, quelquefois de grosses truites viennent regarder notre étrange équipement. Puis on s'enfonce dans le boyau qui descend jusqu'à 49 mètres de profondeur. Ce boyau est très vaste ( environ 10m de diamètre), le passage des plongeurs se fait sans aucune difficulté. Lorsque l'on s'est bien habitué à l'obscurité il n'est pas rare de voir la lumière de l'entrée jusqu'à 12-15 mètres de fond. Cela n'exclut pas qu'un fil d'Ariane est installé en permanence jusqu'à 35 mètres; ensuite chaque expédition installe temporairement son propre fil.

Dans la salle à -49 mètres on peut entendre le grondement sourd de l'eau qui circule dans le boyau. L'eau est généralement très claire et très froide. Après cette salle, suivez par vous même sur le schéma ci-dessus la découverte des expéditions de professionnels qui ont exploré ce siphon jusqu'à -77 mètres à 320 mètres de l'entrée !!! Pour atteindre cette extrémité du siphon il faut organiser un expédition lourde qui dure plusieurs jours et nécessite une dizaine de plongeurs.

En plongée extrême l'organisation doit être assez ressemblante à celle mise en place lors d'une ascension d'un haut sommet en montagne. Des plongeurs sont destinés à équiper le siphon de bouteilles relais, d'autres vont assister le plongeur de pointe, qui lui seul ira jusque au bout. Le plongeur de pointe fait plusieurs heures de plongée et sa décompression se fait parfois au sec dans un caisson hyperbare.

Enfin il est important de rappeler que ces plongées sont faites avec des mélanges gazeux type Trimix (Hélium-Azote-Oxygène) qui permettent au plongeur de ne pas être sujet à la Narcose (ivresse des profondeurs).

 

EXPLICATION DE LA GESTION D'AIR EN PLONGEE SOUTERRAINE :

En plongée spéléo, on plonge avec deux bouteilles séparées. C'est à dire non communiquantes et comprenant chacune un détendeur et un manomètre.

Cela nous permet de respirer :

Un tiers de chacune des bouteilles à l'aller (pas plus),

Un tiers de chaque bouteilles au retour,

Il reste un tiers de chaque bouteille en sécurité, au cas où l'une ou l'autre des bouteilles viendraient à se vider prématurément. En effet pour sortir de l'eau en spéléo, cela impose de refaire le chemin inverse.

Quelques chiffres :

Une bouteille de plongée étant gonflée à 230 bars, cela laisse seulement 76 bars pour réaliser le chemin aller soit environ 1520 litres d'air (autonomie de 15 minutes à 40m de profondeur).

 

MATERIEL SPECIFIQUE POUR UNE EXPLO :

En plus de tout le matériel obligatoire pour le plongeur traditionnel, le plongeur spéléo doit avoir sur lui :

1°) Deux bouteilles séparées, et un éclairage fixé sur son casque de protection.

2°) Un phare (lampe) de secours.

3°) Deux détendeurs anti-givre équipés de manos.

4°) Un système de décompression type ordinateur.

5°) Un dévidoir de fil d'Ariane de secours.

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La pratique de la plongée doit se réaliser en club, sous la responsabilité de professionnels.

© MATHEZ Christophe

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